Aller au contenu principal

Accueil›Le journal›Petite salle de bain

Conception · · 8 min de lecture · par Jonathan

Petite salle de bain : sept mètres carrés bien joués

Une petite salle de bain n'est pas une grande salle de bain en réduction. Les règles changent, et l'erreur la plus fréquente est de vouloir tout garder : la baignoire, la porte qui s'ouvre vers l'intérieur, le meuble posé au sol, le WC à réservoir, la machine à laver. Sur sept mètres carrés, chacun de ces choix se paie en place, et plus encore en impression d'espace. Cette page dessine la même pièce trois fois, pour montrer où passent les centimètres.

Petite salle de bain : meuble suspendu en bois, miroir en arche, plantes, rideau de douche
Photo : Chastity Cortijo · Unsplash

Ce qu'on ne voit pas

Ce qui mange l'espace sans qu'on le voie.

On ne manque presque jamais de mètres carrés. On manque de mètres carrés libres — ceux où le regard passe et où le corps se tourne.

Une pièce de sept mètres carrés en compte souvent moins de deux où l'on peut se tenir debout sans toucher quelque chose. Le reste est occupé, et une bonne part de ce « reste » est occupé par des choses qui ne servent à rien : le vide devant une porte, le sol caché sous un meuble, le réservoir derrière une cuvette. Voici les six postes qui prennent le plus, et ce qu'on peut en faire.

Six choses qui prennent de la place, et ce qu'elles rendent quand on les change
Ce qui prendCombienCe qui le rend
La porte qui s'ouvre vers l'intérieur Le débattement d'une porte de 73 cm — la plus courante — condamne un bon demi-mètre carré au sol, où rien ne peut être posé. Une porte coulissante, à galandage ou en applique ; ou, à défaut, une porte qui s'ouvre vers le couloir.
Les ruptures visuelles Trois matières différentes au sol et aux murs, une frise, un receveur d'une autre couleur : la pièce est découpée en zones, et l'œil les compte. Une seule matière au sol, prolongée dans la douche, et le moins de lignes de coupe possible.
Le meuble posé au sol Il coupe le sol en deux et crée un recoin impossible à nettoyer. Un meuble suspendu : le sol continue dessous, la pièce paraît immédiatement plus large. Les fourchettes par type sont dans le prix d'un lavabo ou d'un meuble-vasque.
Le WC à réservoir Cuvette et réservoir avancent de 65 à 70 cm dans la pièce. Un WC suspendu sur bâti-support : la cuvette avance d'une cinquantaine de centimètres, le sol passe dessous, et l'épaisseur du bâti devient une tablette ou une niche.
La machine à laver 60 cm sur 60, plus le tuyau derrière et la porte qui s'ouvre devant. Une colonne fermée avec le sèche-linge ou du rangement au-dessus ; ou un modèle de 45 cm de profondeur, ou à ouverture par le dessus.
Le chauffe-eau Un ballon de 200 litres est un cylindre d'environ 55 cm de diamètre et de plus d'un mètre de haut, souvent posé en plein milieu d'un mur. Le déplacer dans un placard ou un cellier quand c'est possible, le remonter au-dessus d'une porte, ou choisir un modèle plat.

Aucun de ces gestes n'agrandit la pièce. Chacun rend du sol visible, et c'est du sol visible que vient la sensation d'espace.

Trois plans

La même pièce, dessinée trois fois.

2,80 m sur 2,50 m : sept mètres carrés, la porte au même endroit, l'évacuation au même endroit. Le troisième plan paraît deux fois plus grand. Il n'a pas gagné un centimètre.

Ces trois plans sont dessinés pour cet article, sur une pièce type d'appartement : ils ne sont relevés sur aucun chantier. Ils ont la même surface, la même porte, la même arrivée d'eau et la même évacuation. Seuls les choix changent.

Schéma : trois plans d'une salle de bain de 2,80 m sur 2,50 m Trois plans vus de dessus de la même pièce rectangulaire, porte en bas à gauche. Plan A : baignoire de 170 cm le long du mur du haut, WC à réservoir dans l'angle en haut à droite, meuble posé contre le mur de droite, machine à laver dans l'angle en bas à droite, porte battante ouvrant vers l'intérieur ; le sol libre est réduit à une bande au centre. Plan B : la baignoire est remplacée par un receveur de douche de 90 sur 90 dans l'angle en haut à gauche, tout le reste est identique ; le sol libre s'élargit mais reste découpé par le débattement de la porte. Plan C : douche de 120 sur 90 sans seuil, dans le même sol que la pièce, WC suspendu moins profond, meuble suspendu, machine dans une colonne fermée, porte coulissante à galandage ; le sol est continu de la porte au fond de la douche. A · Tout garder baignoire 170 2,80 m 2,50 m B · La baignoire en moins receveur 90 C · Repensée douche 120, sans seuil colonne Même pièce, même porte, même évacuation. En laiton : ce qui bouge d'un plan à l'autre. Plans dessinés pour cet article, sans échelle garantie ; ils ne remplacent pas un relevé sur place.
Trois manières d'occuper 2,80 m × 2,50 m
  1. ATout garder : baignoire, WC posé, meuble posé, machine, porte battante. Le sol libre est une bande.
  2. BEnlever la baignoire, ne rien changer d'autre. Mieux, mais la porte découpe encore le sol.
  3. CRepenser : douche sans seuil dans le même sol, tout suspendu, machine dans une colonne, porte coulissante.

En pointillé laiton : la douche sans seuil et le vantail rentré dans la cloison. Le quadrillage du plan C : un seul sol, de la porte au fond de la douche.

Ce qui se passe entre A et B

La baignoire de 170 cm dictait tout le plan : elle prenait un mur entier, et le reste se serrait autour d'elle. La remplacer par un receveur de 90 × 90 libère près d'un demi-mur, et c'est déjà beaucoup. Mais rien d'autre n'a bougé, et la pièce continue de se lire en morceaux : un bac de douche d'une couleur, un sol d'une autre, un meuble qui coupe, un réservoir qui avance, une porte qui balaie l'entrée. On a gagné de la surface, pas de l'espace. Sur la question de départ — garder ou non la baignoire — un article entier pose les six questions qui tranchent.

Ce qui se passe entre B et C

La surface est la même. La douche est même plus grande — 120 cm de large au lieu de 90. Mais tout ce qui touchait le sol s'en est détaché : la douche n'a plus de bac ni de seuil, le meuble et la cuvette sont suspendus, la machine est enfermée dans une colonne qui monte jusqu'au plafond, la porte a disparu dans la cloison. Le regard entre par la porte et file jusqu'au mur du fond sans rencontrer une seule marche, un seul pied, un seul changement de matière. Le cerveau lit une surface entière au lieu de compter des zones : c'est exactement ce qui fait paraître le plan C deux fois plus grand.

Et le plan C a moins de rangements visibles que le plan A. Tout est là, simplement caché : dans la colonne, dans le meuble suspendu, dans la niche creusée sur l'épaisseur du bâti-support du WC, derrière un miroir toute hauteur qui, en prime, double la pièce.

Les cotes

Quatre chiffres à garder en tête.

Dans un logement existant, aucune règle ne vous impose des dimensions : vous êtes chez vous. Ces chiffres sont des repères d'usage — sauf le dernier, qui vient de la réglementation du neuf et qui devient précieux dès qu'on pense à vieillir dans la pièce.

73 cm
La porte la plus courante

Les portes intérieures suisses courantes ont un vantail de 73 ou de 88 cm ; la 73 équipe la plupart des pièces, et les salles d'eau anciennes descendent parfois plus bas. Le passage réel est de 3 cm plus étroit. Sous 70 cm de passage, une machine à laver n'entre pas.

90 × 90
La douche confortable

80 × 80 est le minimum où l'on se douche sans toucher les parois du coude. 90 × 90 est confortable, 120 × 80 ou 120 × 90 généreux — et dans une petite pièce, un rectangle de 120 le long d'un mur prend souvent moins de place qu'un carré au milieu.

60 cm
Devant chaque équipement

Devant un WC, devant un lavabo, devant la porte de la machine : 60 cm libres est le repère en dessous duquel on se cogne. Ces dégagements peuvent se chevaucher — la même bande de sol sert à tout — mais aucun meuble ne doit s'y trouver.

1,50 m
Le cercle de retournement

Dans les logements adaptables de la norme SIA 500, une salle d'eau doit permettre à un fauteuil roulant de manœuvrer ; le repère usuel est un cercle libre de 1,50 m de diamètre. Rien ne l'impose en rénovation, mais si vous comptez rester longtemps, dessinez ce cercle sur votre plan.

Un plan coté à l'échelle, sur une feuille quadrillée, avec ces quatre repères, vaut mieux que n'importe quel logiciel : c'est là qu'on découvre que la porte de la machine cogne le WC, ou que le meuble de 80 ne laisse que 55 devant la douche.

Le principe qui marche

Un seul sol, le moins de lignes possible.

Une seule matière au sol, prolongée dans la douche sans seuil, et le moins de coupes possible. Le regard file jusqu'au mur du fond, et la pièce est lue d'un coup.

Tout le reste découle de ce principe. Quelques applications, dans l'ordre où elles rendent le plus :

  • Le même sol partout, douche comprise. Pas de receveur d'une autre couleur, pas de seuil, pas de changement de carreau à l'entrée de la douche. C'est ce qui demande le plus de soin au chantier — la pente et l'étanchéité d'une douche au ras du sol ne s'improvisent pas — et l'article sur l'étanchéité dit ce qu'il faut exiger sur le devis. Dans un appartement où l'on ne peut pas creuser, un receveur extra-plat de la couleur du sol est le compromis honnête.
  • Des carreaux grands, des joints fins et de la couleur du carreau. Moins de joints, moins de lignes ; et un joint ton sur ton disparaît là où un joint contrasté quadrille. Le joint compte plus que le carreau, surtout dans une petite pièce.
  • Le mur de la douche dans le même carreau que le sol, monté jusqu'au plafond. La douche cesse d'être une boîte posée dans la pièce : elle en devient un coin.
  • Tout suspendu. Meuble, WC, sèche-serviettes vertical et étroit. Le sol se voit en entier, et le ménage se fait d'un geste.
  • Une paroi de verre claire, sans cadre, plutôt qu'un rideau ou qu'un verre dépoli. Ce qu'on voit à travers compte comme de la surface.
  • Un miroir toute hauteur au-dessus de la vasque, ou sur le mur qui fait face à la porte. Il double la pièce et cache un rangement de 12 à 15 cm de profondeur, ce qui suffit à tout ce qu'une salle de bain contient de flacons.
  • La lumière sur les côtés du miroir, pas au plafond : elle éclaire le visage sans le creuser, et rend le fond de la pièce lisible. Un article y est consacré.
  • Une couleur, pas du blanc partout. Le tout-blanc agrandit sur les photos et fatigue dans la vie. Une seule matière chaude — un grès imitation pierre, un travertin — sur le sol et le mur de la douche, un ton clair sur les autres murs, et rien d'autre.

Ce qui ne se voit pas

L'air et l'eau, avant la déco.

Une petite pièce concentre l'humidité : la même douche libère la même vapeur dans deux fois moins d'air. Deux sujets se règlent au plan, jamais après.

La ventilation

La norme suisse de ventilation mécanique fixe, pour une salle de bains ou une douche, un débit d'extraction minimal de 30 m³/h en continu. C'est un minimum, pensé pour la ventilation mécanique ; dans une petite pièce fermée, avec une porte coulissante qui ferme mieux qu'une battante, on ne perd rien à viser au-dessus, et à laisser un jour d'un centimètre sous la porte pour que l'air entre. Sans cela, la belle matière choisie plus haut noircit en un hiver : l'article sur la ventilation explique le test qui ne coûte rien.

L'évacuation

Le plan suit l'évacuation, pas l'inverse. Un WC se vide dans un tuyau de 100 mm qui a besoin d'une pente : le déplacer d'un mètre est possible, de trois rarement, et en appartement presque jamais sans toucher à la dalle. Une douche sans seuil demande, elle, de loger un siphon et une pente dans l'épaisseur du sol. Ce sont les deux questions à poser à l'artisan avant de dessiner, parce que ce sont elles qui décident si le plan C est possible chez vous, ou s'il faut viser un plan C avec receveur extra-plat.

Le devis

Ce qu'il faut demander avant de signer.

Un plan repensé se paie surtout en main-d'œuvre — la découpe de grands carreaux dans une pièce pleine d'angles, le bâti-support, la porte à galandage, la douche au ras du sol. Les fourchettes publiques que nous avons recoupées dans l'article sur le prix d'une rénovation donnent l'ordre de grandeur ; ce sont des moyennes constatées, pas des prix d'ONDÉA. Sur une petite pièce, cinq points méritent une ligne claire sur le devis :

  • Un plan coté, avec la position de la porte, de l'évacuation et de l'arrivée d'eau. Pas un croquis : des cotes.
  • La porte : galandage ou applique, et si galandage, la confirmation que la cloison le permet — assez épaisse, pas porteuse, sans câble ni tuyau à l'intérieur.
  • Le WC suspendu : le bâti-support, sa fixation, et ce que devient l'évacuation existante.
  • La douche : sans seuil ou receveur extra-plat, avec l'étanchéité écrite noir sur blanc, produit et relevés compris.
  • La ventilation : le débit de la bouche ou de l'extracteur, en m³/h, et l'entrée d'air qui va avec.

Un devis sur un plan coté se lit en dix minutes. Sur un croquis approximatif, il ne se lit pas.

Chez nous

Dans le canton de Genève, la petite salle de bain est le cas le plus fréquent en appartement : les collectifs des années 1960 à 1990 du bassin genevois ont souvent des pièces d'eau de quatre à six mètres carrés, avec la machine à laver dedans faute de buanderie. Deux points y pèsent plus qu'ailleurs : en PPE — la propriété par étages —, l'évacuation et la dalle ne sont pas à vous seul, prévenez l'administrateur avant de creuser, pas après ; et dans l'habitat ancien à plancher bois, la question du poids et de la pente se pose à l'artisan qui verra le plancher, pas sur un plan.

Les pièces d'eau de quatre à six mètres carrés sont la règle dans les grands ensembles du canton : voir la rénovation d'une salle de bain à Meyrin et la rénovation d'une salle de bain à Vernier.

D'où viennent ces informations

Le débit de ventilation est celui de la norme SIA 382/5, détaillée dans l'article sur la ventilation. Le cercle de 1,50 m est le repère usuel des guides d'accessibilité ; la SIA 500 fixe ses propres surfaces de manœuvre pour les logements adaptables. Les largeurs de portes sont les dimensions courantes du marché suisse. Les autres cotes — 60 cm devant un équipement, 80 × 80 pour une douche minimale, 60 × 60 pour une machine — sont des repères d'usage, pas des normes. Les trois plans sont dessinés pour cet article et ne sont relevés sur aucun chantier.

ONDÉA ne réalise aucun chantier. Le plan définitif, la faisabilité de l'évacuation, la porte, l'étanchéité et la garantie qui va avec sont conçus, posés et assumés par l'artisan avec qui vous signez ; lui seul engage sa responsabilité. Cette page sert à une chose : arriver devant lui avec un plan coté et les bonnes questions.

Les questions qui reviennent

Quatre réponses courtes.

Peut-on loger une machine à laver dans une petite salle de bain ?

Oui, à condition de décider où avant tout le reste. Une machine standard mesure 60 cm sur 60 ; il existe des modèles de 45 cm de profondeur, et des ouvertures par le dessus de 40 cm de large. Le meilleur emplacement est une colonne fermée, avec le sèche-linge ou du rangement au-dessus : la machine disparaît, et le sol reste lisible. Le pire est le coin libre qu'il restait, où elle bloque une porte ou un tiroir.

Une porte coulissante est-elle toujours possible ?

Presque toujours, mais pas de la même manière. La porte à galandage, qui disparaît dans la cloison, demande une cloison assez épaisse et non porteuse, sans réseau à l'intérieur : elle se prévoit au moment du chantier. La porte coulissante en applique, qui glisse devant le mur, se pose sur presque n'importe quelle cloison mais condamne le pan de mur sur lequel elle vient. Dans les deux cas, on regagne le débattement, soit un bon demi-mètre carré.

Faut-il forcément un WC suspendu ?

Non, mais c'est le geste qui rend le plus, à surface égale. La cuvette avance d'une cinquantaine de centimètres au lieu de 65 à 70 avec un réservoir posé, le sol passe dessous, et l'épaisseur du bâti-support devient une niche ou une tablette. Il coûte plus cher qu'un WC à poser et se pose sur un mur qui le supporte ; c'est un point à voir sur le devis, pas un détail de dernière minute.

Un carrelage grand format ne va-t-il pas écraser une petite pièce ?

C'est l'inverse qui se produit. Moins il y a de joints, moins l'œil découpe la surface, et plus la pièce paraît continue. Ce qui écrase une petite pièce, ce sont les ruptures : trois carrelages différents, une frise à mi-hauteur, un sol qui change à la douche. Un grand format en 60 par 60 ou 60 par 120, avec des joints fins de la couleur du carreau, agrandit ; ce qui coûte, c'est la découpe, plus délicate dans une pièce pleine d'angles.

Faites dessiner votre plan par le bon professionnel.

Votre pièce tient en cinq questions — sa surface, ce que vous voulez y garder, ce que vous voulez y gagner. Nous confions le projet au professionnel du canton de Genève dont c'est le métier, et c'est lui qui vous contacte. C'est gratuit, et vous signez avec lui, ou avec personne.