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La ventilation, le poste que tout le monde oublie
Une belle pièce mal ventilée noircit en un hiver. Le marbre, le carrelage, le meuble, la peinture — tout ce qu'on a choisi avec soin dépend d'un détail que personne ne regarde : la sortie de l'air. Quand des joints noircissent un an après le chantier, dans neuf cas sur dix les joints n'y sont pour rien : la pièce n'évacue pas son humidité.
Le calcul est simple
L'eau de la douche ne disparaît pas. Elle attend.
Une douche chaude libère de l'ordre d'un à deux litres d'eau dans l'air. Cette eau doit sortir. Si elle ne sort pas par une ventilation, elle sort en se condensant sur la surface la plus froide de la pièce.
Un angle de mur donnant sur l'extérieur, le pourtour d'une fenêtre, le joint le plus exposé, le plafond au-dessus de la douche : c'est là que la vapeur redevient de l'eau, tous les matins, et c'est là que la moisissure s'installe. Elle n'a besoin que d'une surface humide en permanence et d'un peu de matière organique — un film de savon suffit. Un foyer de quatre personnes envoie dans l'air, entre douches, cuisine, linge et respiration, 10 à 20 litres d'eau par jour. Dans une salle de bain de 5 m² dont la porte reste fermée, la moitié de la nuit se passe au-dessus de 80 % d'humidité si rien ne l'évacue ; l'ADEME situe le confort entre 40 et 60 %.
Ce n'est donc pas une question de produit anti-moisissure ni de joint « spécial salle de bain ». C'est une question de débit d'air : combien de mètres cubes sortent chaque heure, et par où l'air neuf entre pour les remplacer.
Ce que la norme suisse de ventilation mécanique demande d'extraire en continu d'une salle de bains ou d'une douche, avec ou sans WC. Un extracteur qui affiche 15 m³/h en fait la moitié.
Le jour à laisser sous une porte de salle de bain pour que l'air puisse entrer et être extrait. La fente usuelle de 7 mm ne suffit déjà plus dès qu'on aspire un peu plus que le minimum, note suissetec ; une porte posée au ras du sol coupe la ventilation.
La fourchette de confort couramment admise pour un logement chauffé entre 18 et 22 °C — la SIA 180 fixe le plancher à 30 %. Un hygromètre à dix francs vous dit où vous en êtes, pièce par pièce, en une nuit.
Une feuille de papier toilette collée sur la bouche d'extraction. Si elle ne tient pas seule, votre ventilation ne fait pas son travail. Tout le reste de cette page en découle.
Ce que dit la règle
Une ventilation permanente, pas une fenêtre.
En Suisse, la norme SIA 382/5 « Ventilation mécanique dans les bâtiments d'habitation », en vigueur depuis mai 2021, décrit le principe : l'air neuf entre par les chambres et le séjour, traverse le logement, et sort par les pièces humides — cuisine, salle de bains, WC.
C'est le principe du « balayage ». Il a deux conséquences que l'on oublie en rénovation. La première : une bouche d'extraction seule ne sert à rien si l'air ne peut pas entrer par ailleurs — d'où les entrées d'air en haut des fenêtres des chambres et du salon, et le jour sous les portes. La seconde : la ventilation ne s'éteint pas. Elle est dimensionnée pour tourner tout le temps à petit débit, avec une pointe en cuisine.
| Local | Débit minimal |
|---|---|
| Salle de bains ou douche, avec ou sans WC | 30 m³/h extraits |
| Cuisine séparée | 20 m³/h extraits |
| Cuisine ouverte sur le séjour | pas d'extraction continue exigée : une hotte, à la demande |
| Air neuf, par pièce occupée ou par personne | 30 m³/h fournis |
| Logement entier | 50 m³/h extraits au moins |
Ces valeurs concernent la ventilation mécanique — le neuf, et les rénovations qui en posent une — et les parties peuvent convenir de davantage. Mais elles donnent l'ordre de grandeur : un extracteur qui affiche 15 m³/h fait la moitié du minimum d'une salle de bains. Un logement ancien n'a souvent rien du tout : une grille dans un mur, parfois bouchée, ou une fenêtre. C'est le cas de la majorité des immeubles où l'on rénove une salle de bain aujourd'hui.
Les erreurs
Quatre manières de ne pas ventiler en croyant le faire.
- Une bouche obstruée. Repeinte trois fois, encrassée de poussière grasse, ou bouchée volontairement à cause du bruit ou du courant d'air. Une bouche de ventilation se démonte et se lave à l'eau chaude deux fois par an ; presque personne ne le fait.
- Pas d'entrée d'air. Une ventilation ne peut extraire que ce qui entre. Le cas classique en rénovation : on remplace de vieilles fenêtres qui fuyaient par des fenêtres neuves parfaitement étanches, sans les entrées d'air qui vont avec — et la ventilation, privée d'air, aspire dans le vide. La porte de la salle de bain posée au ras d'un carrelage neuf produit le même effet, à l'échelle de la pièce.
- Un extracteur sous-dimensionné, ou bruyant, donc éteint. Le premier prix en grande surface déplace peu d'air et fait beaucoup de bruit — alors on le coupe, et la pièce ne sèche plus. Un extracteur se choisit sur son débit réel installé, en m³/h, et sur son niveau sonore en décibels ; les deux sont sur la fiche.
- De l'air qui sort au mauvais endroit. Un extracteur qui rejette dans les combles ou dans un vide de construction déplace l'humidité, il ne l'évacue pas : la charpente ou le plancher du dessus la reçoit. L'air extrait sort dehors, par un conduit prévu pour ça, en façade ou en toiture.
Une cinquième, plus rare mais grave : un extracteur individuel raccordé sur un conduit de ventilation collective. Il pousse de l'air dans un réseau conçu pour aspirer, et perturbe la ventilation des voisins. En PPE — la propriété par étages —, la question passe par l'administrateur avant le premier coup de perceuse.
Les solutions
Du plus simple au plus lourd.
Dans l'ordre où l'on doit les envisager, parce que chaque étape rend parfois la suivante inutile :
- Remettre en état ce qui existe. Bouche démontée et lavée, entrées d'air des fenêtres dégagées, jour sous la porte vérifié, caisson de ventilation contrôlé si l'immeuble en a un. Coût : une heure et un tournevis, souvent.
- Rendre à l'air le chemin qu'on lui a fermé. Des entrées d'air ajoutées sur les fenêtres remplacées, un détalonnage de la porte à 1 cm — ou une grille de transfert dans la porte si l'on tient à un bas de porte fermé.
- Un extracteur individuel quand la pièce n'a rien, ou seulement une grille passive. Choisi sur son débit installé — 60 à 100 m³/h est courant pour une salle de bain familiale, largement au-dessus du minimum — et sur son silence, avec une temporisation (il tourne encore vingt minutes après l'extinction de la lumière) ou une détection d'humidité (il démarre seul quand l'air se charge). Le rejet se fait dehors, jamais dans un vide.
- Une ventilation mécanique simple flux hygroréglable quand on rénove plusieurs pièces ou tout le logement : les bouches s'ouvrent davantage quand l'air est humide, se referment quand il est sec, et le logement entier est balayé.
- Une ventilation mécanique double flux, qui récupère la chaleur de l'air extrait pour préchauffer l'air entrant : c'est le meilleur système, et le plus lourd — des gaines dans tout le logement, une place pour l'échangeur. Elle se justifie dans une rénovation complète, rarement pour une salle de bain seule.
La ventilation n'est presque jamais une ligne du devis de salle de bain. Elle doit le devenir : l'article sur le prix d'une rénovation ne compte pas ce poste dans ses fourchettes, et c'est le plus rentable de tous par rapport à ce qu'il protège.
Le devis
Cinq lignes qui ne doivent pas manquer.
- Le débit de la bouche ou de l'extracteur, en m³/h, installé — pas le maximum du catalogue.
- Le bruit, en décibels, à débit nominal.
- Par où l'air entre : entrées d'air, détalonnage de porte ou grille de transfert, écrit noir sur blanc.
- Par où il sort : le conduit, sa longueur, sa sortie en façade ou en toiture, et l'accord de l'administrateur si le mur ou la toiture sont communs.
- La commande : interrupteur couplé à la lumière avec temporisation, ou détection d'humidité, ou fonctionnement permanent à petite vitesse.
Un artisan qui parle de ventilation avant qu'on le lui demande est un artisan qui a déjà vu des joints noircir. C'est un bon signe ; c'est même l'un de ceux que nous regardons en premier.
Chez nous
Dans le canton de Genève, l'hiver est long et les surfaces froides nombreuses : un mur extérieur mal isolé, une fenêtre en simple vitrage dans un immeuble ancien, un plafond sous des combles. C'est là que la vapeur d'une salle de bain non ventilée se condense en premier. C'est particulièrement vrai en ville : voir la rénovation d'une salle de bain à Genève. Beaucoup de logements du bassin genevois ont eu leurs fenêtres remplacées ces vingt dernières années, souvent sans entrées d'air : si vos moisissures datent du changement de fenêtres, vous tenez probablement la cause. Et en PPE, ce qui touche au conduit collectif ou à la façade se demande avant de faire.
L'âge de l'immeuble décide de presque tout ici : un bâti ancien ne se ventile pas comme une barre des années 1970. Voir la rénovation d'une salle de bain à Carouge, où le vieux bâti domine, et la rénovation d'une salle de bain au Grand-Saconnex.
D'où viennent ces informations
Les débits sont ceux de la norme SIA 382/5 « Ventilation mécanique dans les bâtiments d'habitation » (en vigueur depuis mai 2021), tels que résumés dans la notice technique de suissetec de juin 2025 — qui signale aussi qu'une fente de 7 mm sous la porte ne suffit pas au-delà du minimum. Le plancher d'humidité de 30 % vient de la SIA 180 ; la fourchette de confort de 40 à 60 % est un repère courant, pas une valeur de norme. Le jour de 1 cm sous la porte est l'usage des installateurs. Les quantités d'eau émises par une douche et par un foyer sont des ordres de grandeur couramment publiés, variables selon les sources ; nous les donnons comme tels. Les débits d'extracteurs cités sont des valeurs de catalogue courantes, pas une prescription.
ONDÉA ne réalise aucun chantier. Le choix du système, sa pose, son raccordement et la garantie qui va avec sont conçus, posés et assumés par l'artisan avec qui vous signez ; lui seul engage sa responsabilité. Cette page sert à une chose : que la ventilation figure sur votre devis, avec un débit écrit dessus.
Les questions qui reviennent
Quatre réponses courtes.
Ouvrir la fenêtre après la douche, ça suffit ?
Ça aide, ça ne suffit pas. Dix minutes de fenêtre ouverte évacuent une partie de la vapeur, mais l'humidité continue de sortir des serviettes, du tapis et des murs pendant des heures, et personne n'ouvre en janvier à six heures du matin. La règle, c'est une ventilation permanente ; la fenêtre est un complément, pas une ventilation.
Extracteur individuel ou ventilation mécanique ?
Si le logement a déjà une ventilation mécanique, on la remet en état : bouche nettoyée, débit vérifié, entrées d'air dégagées. On ne branche jamais un extracteur individuel sur un conduit de ventilation collective sans l'accord de l'administrateur et l'avis d'un professionnel : il perturbe l'installation des voisins. Si le logement n'a rien — c'est le cas de beaucoup d'immeubles anciens — un extracteur individuel bien dimensionné, avec temporisation ou détection d'humidité, est la solution raisonnable en rénovation d'une seule pièce.
Peut-on couper la ventilation la nuit à cause du bruit ?
Non, et c'est la première cause des joints noirs qu'on nous décrit. La ventilation est faite pour tourner en permanence, à petit débit ; c'est la nuit, chambres fermées, que l'air se charge le plus. Si elle fait du bruit, elle est encrassée, mal fixée ou sous-dimensionnée : on la répare, on ne l'éteint pas. Un extracteur correct s'entend à peine ; un premier prix, oui.
Mes joints sont noirs : je les nettoie ou je les refais ?
D'abord la ventilation, ensuite les joints. Refaire un joint dans une pièce qui ne sèche pas revient à le refaire tous les deux ans. Une fois l'air réglé, un joint noirci en surface se nettoie ; un joint noirci dans la masse, poreux, se remplace — et à ce moment-là seulement, un joint époxy ou un silicone de qualité vaut son prix.
Pour aller plus loin
Deux lectures qui prolongent celle-ci.
Demandez le débit au bon professionnel.
Votre projet tient en cinq questions. Nous le confions au professionnel du canton de Genève dont c'est le métier, et c'est lui qui vous contacte — avec la ligne ventilation sur son devis. C'est gratuit, et vous signez avec lui, ou avec personne.