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Éclairer un miroir sans se faire un teint de cadavre
La lumière du plafond creuse le visage. Deux sources latérales le rattrapent. C'est une question de position, pas de budget — et c'est le poste le moins cher de tout le chantier par rapport à ce qu'il change tous les matins. Cette page dit où mettre la lumière, laquelle, et ce que la norme électrique impose près de l'eau.
Le problème
Le plafonnier unique, la configuration la plus répandue et la pire.
La lumière tombe à la verticale, creuse les yeux, marque les cernes et durcit tout. Ce n'est pas une question de qualité d'ampoule, c'est une question de direction.
Placez-vous sous une lampe de plafond et regardez-vous : les arcades font de l'ombre sur les yeux, le nez sur la bouche, le menton sur le cou. Le visage est lu comme un relief éclairé d'en haut — exactement ce qu'on évite en photo. Ajoutez une lumière blanche froide, et le teint devient gris. Ce n'est ni vous ni le miroir : c'est le plafonnier. Le remplacer par un plus puissant aggrave le contraste. Le déplacer change tout.
Une de chaque côté du miroir, à hauteur des yeux. La lumière arrive de face et de côté, remplit les creux au lieu de les accentuer.
Chaud sans être jaune. Au-dessus de 4 000 K, lumière d'hôpital : le marbre vire au gris, le laiton au verdâtre, la peau au blafard.
Sur 100. C'est ce qui fait qu'un rouge est rouge et qu'un teint est un teint. Les LED bas de gamme plafonnent à 80 ; la différence se voit sur un visage.
L'indice de protection contre les projections exigé dans la zone qui entoure la douche et la baignoire, sur 60 cm autour et 2,25 m de haut. Hors de cette zone, rien n'est imposé.
La règle
Deux sources, à hauteur de visage.
Placez deux points lumineux de part et d'autre du miroir, à hauteur des yeux — autour de 1,60 à 1,70 m du sol. La lumière arrive latéralement, remplit les creux, et vous vous voyez enfin tel que les autres vous voient.
C'est le principe de la loge de théâtre : la lumière vient de là où se trouve celui qui vous regarde. Deux appliques verticales, deux globes, deux tubes lumineux, un ruban LED de chaque côté du miroir : la forme importe peu, la position importe. Trois détails font la différence entre « deux appliques » et deux appliques qui marchent :
- Une lumière diffuse, pas une ampoule nue. Un verre opalin, un diffuseur, un abat-jour : la source doit être large et douce, sinon elle éblouit et crée deux ombres nettes au lieu d'en effacer une.
- À la bonne hauteur pour tout le foyer. Une source verticale d'une trentaine de centimètres, centrée vers 1,65 m, couvre les visages de 1,55 à 1,85 m. Une source ponctuelle, elle, ne convient qu'à une taille.
- Symétriques, et à la même température. Deux appliques différentes, ou deux ampoules de blancs différents, produisent un visage à deux couleurs.
Si le miroir est trop étroit ou le mur trop encombré pour deux appliques, un bandeau lumineux au-dessus du miroir, long et diffus, est le second choix — nettement mieux qu'un plafonnier, moins bien que les deux côtés. Un miroir à éclairage intégré rend le service à condition que sa lumière sorte vers l'avant, de chaque côté, et non en halo vers le mur.
La lumière elle-même
Kelvins, IRC, lumens : trois chiffres sur la boîte.
Une fois la position réglée, l'ampoule ou le module LED se choisit sur trois valeurs, toutes écrites sur l'emballage :
- La température de couleur, en kelvins. Restez entre 2 700 et 3 000 K : c'est chaud sans être jaune. Au-dessus de 4 000, vous obtenez une lumière d'hôpital qui rendra votre marbre gris et votre laiton verdâtre. Et la même température partout dans la pièce, plafonnier compris.
- L'indice de rendu des couleurs, IRC ou Ra. Il dit si les couleurs sont restituées fidèlement. Pour un miroir, visez 90 ou plus : c'est là que le maquillage, la barbe, le teint se voient tels qu'ils sont. Beaucoup de LED bon marché s'arrêtent à 80, et ça se voit sur une peau.
- Le flux, en lumens. Deux sources de l'ordre de 600 à 800 lumens chacune, diffuses, suffisent largement pour un miroir ; c'est l'équivalent, en lumière, de deux anciennes ampoules de 60 W. Plus, c'est éblouissant ; moins, on se penche.
Le détail qui change tout : un variateur
La même pièce ne demande pas la même lumière à sept heures du matin et à onze heures du soir. Un variateur — et des LED annoncées dimmables, compatibles avec lui, ce qui n'est pas le cas de toutes — permet la lumière nette du rasage et la lumière basse du bain. C'est l'ajout le moins cher et le plus remarqué de tout le chantier. Sur le même principe, deux circuits valent mieux qu'un : le miroir d'un côté, l'éclairage général de l'autre, chacun son interrupteur.
Près de l'eau
Ce que la norme électrique impose, et où.
La salle de bain est la seule pièce du logement où la position d'un luminaire est réglementée. La norme électrique découpe l'espace autour de la baignoire et de la douche en zones, et chaque zone a ses exigences.
En résumé, tel que le prévoit la NIBT (SN 411000), la norme suisse des installations électriques à basse tension : la zone 0 est l'intérieur de la baignoire ou du receveur ; la zone 1 s'élève au-dessus, jusqu'à 2,25 m ; la zone 2 l'entoure sur 60 cm. Dans les zones 0 et 1, seuls des luminaires en très basse tension et très bien protégés sont admis ; dans la zone 2, un indice de protection IPX4 au minimum. Hors de ces zones, aucune exigence particulière : un miroir au-dessus d'une vasque, à plus de 60 cm de la douche, est hors zone — c'est le cas le plus fréquent, et c'est ce qui laisse le choix des appliques large.
Deux conséquences pratiques : si votre miroir est collé à la douche, l'applique du côté de la douche doit être prévue pour — c'est un point du devis, pas une surprise de fin de chantier ; et dans une pièce humide, même hors zone, un luminaire IP44 est un choix raisonnable. Les zones se tracent sur le plan, avant d'acheter les luminaires : c'est le travail de l'électricien, et il engage sa responsabilité dessus.
Le devis
Cinq points qui doivent y figurer.
- Deux points lumineux de part et d'autre du miroir, avec leur hauteur, et non « un point lumineux salle de bain ».
- Un circuit séparé pour le miroir et pour l'éclairage général, avec un variateur si vous le voulez — et des luminaires compatibles.
- Les zones tracées : quels luminaires sont dans une zone, avec quel indice de protection.
- Une prise près du miroir, hors zone, pour le rasoir ou le sèche-cheveux : c'est le moment de la prévoir, pas après le carrelage.
- Les caractéristiques des sources si l'artisan les fournit : kelvins, IRC, lumens, dimmable ou non.
Sur le budget, l'éclairage est un poste modeste — l'article sur le prix d'une rénovation le range dans l'électricité — mais il se décide au moment des saignées, avant le carrelage. Une applique oubliée se rajoute en apparent, un fil dans une goulotte, sur un mur de marbre : c'est le regret le plus courant, et le plus évitable.
Chez nous
Dans le canton de Genève, l'hiver est long et les matins sombres : la salle de bain s'éclaire à la lumière artificielle une bonne partie de l'année. C'est une raison de plus de la soigner — et de la faire chaude, parce qu'un 4 000 K un matin de janvier, sur un carrelage clair, donne exactement le teint de cadavre du titre. Dans les appartements du bassin genevois où la salle de bain n'a pas de fenêtre, la lumière est même la seule : deux circuits, un variateur, et le plafonnier cesse d'être une fatalité.
Les salles de bain sans fenêtre sont fréquentes dans les immeubles d'après-guerre : voir la rénovation d'une salle de bain à Meyrin et la rénovation d'une salle de bain à Lancy.
D'où viennent ces informations
Les zones de sécurité et les indices de protection sont ceux de la NIBT (SN 411000), la norme suisse des installations électriques à basse tension, pour les locaux contenant une baignoire ou une douche, résumés ici dans leurs grandes lignes : seul un électricien qualifié les applique à votre pièce. La fourchette de 2 700 à 3 000 K, l'IRC de 90 et plus, la hauteur des sources et les flux en lumens sont des repères d'usage en éclairage, pas des obligations.
ONDÉA ne réalise aucun chantier. L'installation électrique, le tracé des zones, la pose des luminaires et la garantie qui va avec sont conçus, posés et assumés par l'artisan avec qui vous signez ; lui seul engage sa responsabilité. Cette page sert à une chose : que la lumière du miroir soit une décision, prise avant le carrelage.
Les questions qui reviennent
Quatre réponses courtes.
Un miroir à LED intégrées, c'est une bonne idée ?
Ça dépend d'où sort la lumière. Un miroir dont le ruban éclaire vers l'avant, sur les côtés du visage, rend le service des deux appliques. Un miroir rétro-éclairé, dont la lumière part vers le mur en halo, est décoratif : il éclaire le mur, pas vous. Regardez aussi la température de couleur (souvent 4 000 K ou plus, trop froide) et si la lumière est réglable ; et sachez qu'un ruban intégré ne se remplace pas comme une ampoule.
Faut-il garder un plafonnier ?
Oui, mais pas seul et pas comme lumière principale du visage. Un éclairage général — plafonnier ou spots — sert à voir la pièce, à nettoyer, à trouver ses affaires ; les sources latérales servent à se voir. Les deux sur des interrupteurs séparés, c'est ce qui permet une pièce douce le soir et nette le matin.
Quelle température de couleur choisir ?
Entre 2 700 et 3 000 kelvins. C'est chaud sans être jaune : le teint reste naturel, le laiton reste doré, le marbre reste blanc. Au-dessus de 4 000 K, la lumière vire au bleu, la peau au gris, et le marbre prend un reflet d'hôpital. Une seule règle en plus : la même température partout dans la pièce, sinon l'œil voit deux blancs qui se battent.
Peut-on mettre une applique n'importe où près du lavabo ?
Presque. Le lavabo n'est pas une zone réglementée en soi ; ce sont la baignoire et la douche qui définissent des zones de sécurité, sur 60 cm autour et 2,25 m de haut. Une applique dans ce périmètre doit avoir un indice de protection adapté ; en dehors, aucune exigence particulière — un IP44 reste raisonnable dans une pièce humide. C'est à l'électricien de tracer les zones sur votre plan, pas au vendeur de luminaires.
Pour aller plus loin
Deux lectures qui prolongent celle-ci.
Demandez deux points lumineux au bon professionnel.
Votre projet tient en cinq questions. Nous le confions au professionnel du canton de Genève dont c'est le métier, et c'est lui qui vous contacte — avec la ligne électricité sur son devis. C'est gratuit, et vous signez avec lui, ou avec personne.