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Faut-il une autorisation pour rénover sa salle de bain à Genève ?
Tout ce qui existe en ligne sur ce sujet est écrit par des juristes, pour des juristes. Voici la réponse pour quelqu'un qui veut simplement refaire une pièce d'eau : trois questions décident de tout — que touchez-vous, dans quel bâtiment, et qui l'habite. Selon les réponses, il ne faut rien, une demande à la régie, ou une autorisation en bonne et due forme. Et si la salle de bain s’inscrit dans une rénovation d’appartement complète, ce guide-là donne l’ordre de marche.
La règle de base
Refaire à l'identique n'est pas transformer.
Tout le droit genevois des travaux repose sur cette distinction. Elle est plus favorable qu'on ne le croit — et plus stricte qu'on ne l'espère dès qu'on déplace quelque chose.
La loi sur les constructions, la LCI, soumet à autorisation ce qui modifie une construction — même partiellement : le volume, les façades, la destination des locaux et la distribution intérieure. Remplacer une baignoire, un carrelage ou un meuble vasque au même emplacement ne modifie rien de tout cela : ce n'est pas un objet d'autorisation de construire.
La seconde loi du canton, la LDTR — elle protège les locataires —, dit la même chose à sa manière : les travaux courants d'entretien ne lui sont pas assujettis. Une salle de bain fatiguée que l'on remet en état, c'est de l'entretien.
Tout change dès que le projet déplace : une cloison qui saute, des sanitaires qui changent de mur, une salle de bain agrandie sur le couloir. Là, on modifie la distribution — et l'autorisation devient obligatoire, quel que soit le standing du résultat.
Les trois niveaux
Ce que vous faites, ce que Genève demande.
| Votre chantier | Ce qu'il faut | Ce que ça change |
|---|---|---|
| Remplacer à l'identique : baignoire, carrelage, meuble, robinetterie, au même emplacement | Aucune autorisation. Locataire : l'accord écrit du bailleur reste nécessaire. | Le chantier peut commencer dès les devis signés. |
| Améliorer nettement le confort d'un logement loué : réfection complète, montée en gamme | La LDTR peut s'appliquer : demande d'autorisation, dépôt auprès du canton. | Le loyer est contrôlé 3 ans après travaux — 5 ans en cas de transformation lourde. |
| Déplacer : cloisons, sanitaires changés de mur, pièce agrandie | Autorisation de construire — en pratique une APA pour l'intérieur. | Dossier signé par un architecte inscrit (MPQ), réponse annoncée en 30 jours. |
Le tableau simplifie, forcément : la frontière entre « entretien » et « amélioration » se juge au cas par cas, sur l'ampleur du chantier et l'état du logement. Quand un projet est proche de la ligne, la seule réponse qui vaille vient de l'administration — par écrit, avant les devis.
La procédure
L'APA : trente jours, un architecte, un seul guichet.
Pour les travaux intérieurs d'importance limitée, Genève a une voie rapide. Elle est réellement rapide — à condition de savoir deux choses avant de commencer.
L'autorisation par procédure accélérée couvre notamment « la modification intérieure d'une construction » qui n'en change ni la destination ni les façades. C'est exactement le cas d'une salle de bain redistribuée. Le canton annonce une réponse en 30 jours, contre plusieurs mois pour une demande définitive classique.
Première chose à savoir : le dossier doit être établi et signé par un mandataire professionnellement qualifié — MPQ, dans le jargon —, c'est-à-dire un architecte ou un ingénieur inscrit au tableau genevois. Votre carreleur, si bon soit-il, ne peut pas déposer une APA. Certains artisans travaillent en tandem avec un mandataire ; la question mérite d'être posée au moment du devis.
Seconde chose : l'interlocuteur est unique. À Genève, ce n'est pas la commune qui délivre les autorisations, c'est l'office des autorisations de construire, pour tout le territoire cantonal. Habiter Versoix ou Carouge ne change ni le guichet ni la procédure.
Et si l'on passe outre ? La loi permet au département d'ordonner l'arrêt du chantier et la remise en état. Une régularisation après coup se paie en semaines perdues et en travaux défaits — c'est l'argument le plus convaincant pour poser la question avant.
Le loyer après travaux
La LDTR : ce que les bailleurs découvrent trop tard.
La loi genevoise sur les démolitions, transformations et rénovations n'existe nulle part ailleurs en Suisse sous cette forme. Elle décide du loyer que vous pourrez demander après le chantier.
Son principe : dans un immeuble d'habitation, les travaux qui dépassent l'entretien sont soumis à autorisation, et le loyer est contrôlé après travaux — 3 ans pour une rénovation, jusqu'à 5 ans pour une transformation lourde. L'objectif de la loi est de maintenir un parc de logements dont les loyers « répondent aux besoins prépondérants de la population ».
Pour une salle de bain seule, l'enjeu est souvent nul : refaite à l'identique, elle reste de l'entretien. Mais intégrée à une réfection complète de l'appartement entre deux locataires, elle bascule dans le périmètre de la loi — et le calendrier du bailleur doit intégrer la procédure.
Détail qui a son importance : la LDTR ne s'applique pas aux maisons individuelles ni aux villas. Elle vise les immeubles comportant des logements — y compris en PPE.
Les cas à part
La villa, et les bâtiments protégés.
Aux deux extrémités du spectre : la maison individuelle, où presque tout est libre, et le bâtiment protégé, où presque tout se demande.
La villa est le cas le plus simple du canton. La LCI le dit expressément : les travaux à l'intérieur d'une villa ne sont pas soumis à autorisation, tant qu'ils ne modifient pas la surface habitable. Et la LDTR ne s'y applique pas. Déplacer une cloison de salle de bain dans sa maison ne demande donc rien — sous une seule réserve, celle du patrimoine.
Le bâtiment protégé renverse la règle. Dans le canton, la protection prend plusieurs formes : près de 2 000 bâtiments construits entre 1800 et 1933 sont couverts par la loi Blondel en ville de Genève, le Vieux-Carouge est un site construit d'importance nationale à Carouge, et des ensembles entiers sont réglés par un plan de site — la cité du Lignon à Vernier en est l'exemple le plus connu.
Dans ces périmètres, même des travaux qui seraient libres ailleurs peuvent exiger une autorisation, et l'intérieur n'est pas toujours hors champ. Le réflexe qui ne coûte rien : demander à la régie — elle sait si l'immeuble est protégé — ou interroger l'office des autorisations de construire avant de faire chiffrer.
Dans quel ordre
Quatre questions, dans cet ordre, avant le premier devis.
1. Qui habite le logement ? Locataire : l'accord écrit du bailleur d'abord — c'est l'article 260a du Code des obligations, et la démarche passe par la régie. Propriétaire bailleur : la question LDTR se pose dès que le chantier dépasse l'entretien.
2. Dans quel bâtiment ? Villa : libre à l'intérieur, sauf patrimoine. Immeuble en PPE : votre lot est à vous, mais colonnes, murs porteurs et façades sont à l'immeuble — l'administrateur vous le confirmera.
3. Le bâtiment est-il protégé ? Une question à la régie ou à l'office des autorisations de construire. Dans le doute, elle se pose par écrit : la réponse engage davantage qu'un avis au téléphone.
4. Le projet déplace-t-il quelque chose ? Non : les devis peuvent partir. Oui : il faudra un mandataire pour l'APA — autant choisir des entreprises habituées à travailler avec un architecte.
Ces quatre réponses tiennent sur une feuille, et elles changent le devis : un artisan qui sait dans quel cadre il travaille chiffre juste du premier coup.
Questions fréquentes
Cinq réponses courtes.
Faut-il une autorisation pour refaire une salle de bain à l'identique ?
Non. Remplacer baignoire, carrelage, meuble et robinetterie au même emplacement relève de l'entretien : la LCI ne vise que ce qui modifie la construction, et la LDTR exclut expressément les travaux courants d'entretien. La réserve : un bâtiment protégé, où la question se pose à l'office des autorisations de construire avant le premier coup de masse.
Qu'est-ce qu'une APA, et combien de temps prend-elle ?
L'autorisation par procédure accélérée, prévue pour les travaux d'importance limitée — dont les modifications intérieures. Le canton annonce une réponse en 30 jours. Le dossier doit être établi et signé par un mandataire professionnellement qualifié (MPQ), un architecte ou un ingénieur inscrit au tableau genevois : un artisan seul ne suffit pas.
Je remplace ma baignoire par une douche : autorisation ou pas ?
Au même emplacement, sans toucher aux cloisons, ce n'est pas une modification de la distribution au sens de la LCI. Dans un logement loué en revanche, la LDTR peut y voir une amélioration du confort qui dépasse l'entretien : la réponse dépend de l'ampleur du chantier et du bâtiment. Posez la question par écrit avant les devis — elle est gratuite, la régularisation ne l'est pas.
Et dans une villa ?
C'est le cas le plus simple du canton : les travaux à l'intérieur d'une villa ne sont pas soumis à autorisation tant qu'ils ne modifient pas la surface habitable, et la LDTR ne s'applique pas aux maisons individuelles. Restent les règles de protection du patrimoine, si la maison est classée ou dans un site protégé.
Que risque-t-on à faire des travaux sans autorisation ?
Le département peut ordonner l'arrêt du chantier, exiger une demande de régularisation, et faire remettre les lieux en état. Une autorisation demandée après coup coûte toujours plus cher que la même question posée avant : c'est la raison d'être de cette page.
D'où viennent ces informations
Les sources, et leur date.
Loi genevoise sur les constructions et les installations diverses (LCI, L 5 05), notamment l'article 1 pour l'assujettissement, les travaux intérieurs de villa et les mesures en cas de travaux non autorisés ; loi sur les démolitions, transformations et rénovations de maisons d'habitation (LDTR, L 5 20), articles 2, 3 et 12, pour l'entretien, le champ d'application et le contrôle des loyers ; ge.ch pour les types d'autorisations, le périmètre de l'APA, le délai annoncé de 30 jours et le tableau des mandataires professionnellement qualifiés ; art. 260a du Code des obligations pour les locataires. État : août 2026. Nous ne sommes pas juristes, et ONDÉA ne réalise aucun chantier : cette page décrit un cadre, elle ne remplace ni un conseil juridique ni la réponse écrite de l'administration sur votre cas.
Faites chiffrer en connaissance de cause.
Votre projet tient en cinq questions. Nous le confions au professionnel du canton de Genève dont c'est le métier — en précisant le cadre : à l'identique ou redistribué, immeuble ou villa. C'est lui qui vous contacte, et vous signez avec lui, ou avec personne. C'est gratuit.